En 2008, L’académicien Lucien Clergue invite à l’Académie des Beaux-Arts Jean-Louis Marignier du CNRS afin de faire un bilan sur les dix années de recherche et de restauration à la Maison Niépce.

Article du Journal de Saône-et-Loire du jeudi 26 juin 2008

Hier à Paris, Nicéphore Niépce reçoit les honneurs de l’Institut de France

En présentant hier devant l’Académie des beaux-arts une conférence sur « les origines de la photographie, Nicéphore Niépce », Jean- Louis Marignier, chercheur au CNRS et conseiller scientifique de la Maison Niépce de Saint-Loup- de-Varennes a redonné à l’inventeur chalonnais sa juste place dans l’histoire de l’invention de la photographie.

Été 1839, à l’invitation d’Arago, Daguerre présente devant l’académie des sciences son Daguerréotype. C’est ainsi qu’est officialisée l’invention de la photographie. Nicéphore Niépce, mort depuis 6 ans, est alors totalement oublié. Pourtant, Daguerre a travaillé avec Niépce et poursuivit ses travaux. Mais le premier à avoir su capturer et fixer une image grâce à la lumière, le véritable inventeur du principe photographique, demeure bel et bien l’inventeur chalonnais. Daguerre en a simplifié le procédé et l’a rendu accessible au public.
Jean-Louis Marignier, chercheur au CNRS et conseiller scientifique de la Maison Niépce, a longuement travaillé sur l’étude du procédé de Nicéphore Niépce. Il l’a démontré hier devant l’académie des Beaux-arts à l’invitation du photographe, membre de cette académie, Lucien Clergue, le créateur des rencontres photographiques d’Arles. « Il y a un côté historique à cet événement car il s’agit de la première communication sur la photographie depuis qu’Arago a annoncé, dans cette même salle, l’invention de la photographie », soulignait l’académicien avant de laisser la parole à Jean-Louis Marignier.

« Arago avait présenté le premier procédé photographique utilisable », précisait ainsi le conférencier qui revenait d’abord en détail sur la vie de Nicéphore Niépce, également inventeur du premier moteur à explosion et du principe de l’injection. Il présentait ensuite ses recherches qui l’ont amené à découvrir, puis à reproduire le procédé utilisé par l’inventeur chalonnais pour réaliser ces premiers clichés, dont le fameux « Point de vue du Gras », la plus ancienne photo au monde réalisée par Niépce à Saint-Loup de Varennes en 1827 et conservée aujourd’hui à Austin (Texas).

Le chercheur évoquait également ses études sur cette célèbre image grâce auxquelles il a pu déterminer l’emplacement exact de la prise de vue et la période de l’année où elle a été réalisée. Des travaux précis et argumentés, étayés par des démonstrations virtuelles étonnantes, ont séduit les académiciens qui ont qualifié cette communication de « remarquable ».
Jean-Louis Marignier a également évoqué la découverte du plus vieux laboratoire photographique du monde retrouvé quasiment au complet dans la région chalonnaise l’année dernière et dont les pièces sont exposées à la Maison Niépce. Cette maison de Saint-Loup-de-Varennes, d’où a été prise la plus ancienne photographie qui nous soit parvenue, pourrait d’ailleurs recevoir la visite des membres de l’académie des Beaux-Arts dans les prochains mois, selon le projet initié par Lucien Clergue, dont les liens d’amitiés avec le responsable de la maison Niépce, Pierre-Yves Mahé, remontent à de nombreuses années.
Pour Niépce, cette communication et les publications qui en découleront en fin d’année constituent une forme de reconnaissance officielle de son rôle primordial joué dans l’invention de la photographie.

Quant aux responsables de la Maison Niépce, après avoir déjà été parrainés par l’académie des Sciences l’an passé pour leurs travaux sur Niépce, cette communication devant l’académie des Beaux-arts sonne comme une seconde reconnaissance de l’Institut de France et un formidable encouragement.”

C. Saulnier

> Voir la Lettre de l’Académie des Beaux-Arts

> Voir le Bulletin de l’Institut de France 2008